
à l'église Saint Pierre de Glabais
Les chemins de Rome
Musique baroque sacrée dans la ville éternelle
Céline SCHEEN- Soprano
Jean TUBERY- Cornet à bouquin et flûte à bec
David VAN BOUWEL- Orgue et clavecin
Musique baroque sacrée dans la ville éternelle
Céline SCHEEN- Soprano
Jean TUBERY- Cornet à bouquin et flûte à bec
David VAN BOUWEL- Orgue et clavecin
Le concert de ce dimanche 29 janvier 2012 sera, pour « Musique à Glabais », un événement à marquer d’une pierre blanche compte tenu de la qualité des artistes et de l’intérêt que suscite le programme proposé.
Nous aurons en effet le grand privilège d’accueillir trois interprètes de renommée internationale qui se produiront dans un répertoire de musique ancienne du 17e siècle interprétée sur instruments d’époque : les instrumentistes Jean TUBERY (flute à bec et cornet à bouquin) et David VAN BOUWEL (orgue et clavecin). Ils accompagneront la soprano belge Céline SCHEEN, une adepte de ce type de répertoire.
Céline SCHEEN étudie aux Conservatoires de Liège et de Mons, puis à la Guildhall School of Music and Drama de Londres. Elle est lauréate de plusieurs concours, dont le Concours des Voix nouvelles. Avec l’Orchestre Philarmonique Royal de Liège, elle a chanté Grieg, mais aussi Mozart sous la direction de Louis Langrée. À l’opéra, elle interprète Telemann, Haendel, Gluck, Cavalli, Mozart (Zerlina dans Don Giovanni, Papagena dans La Flûte enchantée). Elle se produit aussi avec les ensembles La Fenice et Café Zimmermann.
Le musicien Jean TUBERY, originaire de Toulouse (pays des Sacqueboutiers), est un passionné de la musique italienne du 17e siècle. Après des études de flûte à bec, il décide de se consacrer à l’un des instruments les plus appropriés à faire revivre cette musique : le cornet à bouquin et suit alors un enseignement à la Schola Cantorum de Bâle. En tant que flûtiste, il a joué avec les ensembles les plus prestigieux de la musique baroque. En 1990, il fonde l’ensemble « La Fenice » avec lequel il recueille immédiatement plusieurs hautes distinctions, dont le Prix de l’Académie Charles Cros . Son intérêt pour la musique vocale l’amène également à la direction de chœurs, dont le Chœur de Chambre de Namur (il en est le chef titulaire pour la musique ancienne). Comme on le voit, Jean TUBERY est un passionné de la musique ancienne et son désir est de faire partager cette passion à l’occasion de ses rencontres avec le public.
David VAN BOUWEL est né à Anvers en 1973. Dès l’âge de 6 ans, il s’initie au toucher de l’orgue. C’est au Lemmensinstituut de Louvain qu’il reçoit son enseignement de l’orgue, du clavecin, de l’harmonie, du contrepoint et de l’interprétation de la musique des 17e et 18e siècles. En 1996, il obtient un Master en musique d’orgue dans la classe de Luc Ponet et poursuit sa formation avec des organistes renommés. Il est également le fondateur de l’ensemble « daPrato » qui propose un répertoire sur instruments anciens des maîtres des 17e et 18e siècles. D’autre part, il collabore régulièrement avec divers ensembles prestigieux sous la direction de maestros tels que Paul Dombrecht, René Jacobs ou Jean Tubéry.
Un mot à propos de cet instrument qu’est le cornet à bouquin. C’est un instrument à vent de la famille des cornes, d’où le nom de cornet. Il est généralement en bois recouvert de cuir, de forme allongée et courbe, sans pavillon et muni d’une embouchure généralement en ivoire (ce qui le classe dans la famille des cuivres). Le mot bouquin viendrait de l’italien bocca (bouche). Cet instrument, injustement méconnu aujourd’hui, possède un répertoire très riche, principalement en Italie du Nord et en Allemagne, entre la fin du 16e et le milieu du 17e siècle. Il possède une sonorité claire, chatoyante, diaphane ainsi qu’une virtuosité qui lui valent de devenir l’instrument-roi pour l’interprétation des parties de soprano, avant d’être supplanté par le violon.
Quant au programme du concert, il est intitulé « Les chemins de Rome » et sous-titré « Musique baroque sacrée dans la Ville éternelle ». Il nous permettra d’entendre des œuvres de musiciens du début de l’ère baroque (vers 1600) tels que FOGGIA, PASQUINI, ROSSI, FRESCOBALDI, CARISSIMI,…Un programme tout en douceur et en intimité particulièrement adapté à l’ambiance sereine et à l’acoustique de l’église Saint-Pierre. A ne manquer sous aucun prétexte.
Maurice Boisdequin
oOo
Céline Scheen : quand la beauté du timbre magnifie le mot
MARTIN SERGE
Le Soir - mercredi 24 février 2010
La récompense de Céline Scheen – un prix décerné chaque année par le département musique du Palais des beaux-arts et par l'Union de la presse musicale belge – salue un jeune talent de nos communautés (côté néerlandophone, il est allé à l'ensemble Graindelavoix). Occasion pour faire le point sur la carrière d'un de nos plus beaux talents vocaux, qui forme, avec Sophie Karthaüser et Anne-Catherine Gillet, un fameux trio !
Comment êtes-vous venue à l'étude du chant ?
Mes parents chantaient dans la chorale du village. A un moment, comme je souffrais d'une maladie respiratoire, le médecin de famille m'a conseillé des exercices de chant : ils ont doublé ma capacité respiratoire. Quand je me suis vraiment mise au chant à 15 ans, j'étais tout autant passionnée par le solfège. J'étais en fait davantage attirée par l'analyse de l'écriture que par la performance vocale. A 15 ans aux Jeunes Solistes, j'ai gagné un piano ! Puis vinrent mon prix de chant et mon diplôme supérieur. Alors je me suis dit : « Au fond, qui suis-je artistiquement ? » Pour répondre à la question, je suis partie pour la Guildhall School of Music and Drama à Londres. C'est là que j'ai appris ce métier – exigeant, élitiste et parfois cruel. Et j'y ai appris à rendre les choses sincères et précises ainsi qu'une foule d'autres choses : à bouger, jouer, à danser et, même, à tenir une épée. Mentalement, cet écolage, très complet, vous envahit et vous change complètement…
Puis vous vous retrouvez dans la bande-son du « Roi danse »…
Van Dam était un des membres du jury ; il m'a proposé de me présenter. Je me suis dit que c'était une occasion de rentrer au pays et de voir la famille. Je me suis présentée : c'était la première fois que je chantais avec un clavecin ! Je n'étais pas du tout formatée pour l'emploi mais ma fraîcheur a séduit. Et ce fut la rencontre avec Reinhardt Goebel : il avait une façon de porter la musique avec un feu et une passion qui ne m'ont jamais quittée. Il m'a construite à partir de mon innocence, m'a montré combien le résultat est vivant si l'on s'adapte à la façon de chanter des autres. Il travaillait la voix avec la précision d'un instrument, et ses exigences étaient incroyables… des exigences comme je n'en ai plus rencontré avant de travailler avec René Jacobs…
Qui ne passe pas non plus pour être un tendre.
Non. Mais il y a chez lui un mélange de connaissance des voix et de rigueur qui amène à se dépasser. C'est vrai qu'il n'a que faire des bobos des chanteurs et demande toujours plus mais, finalement, le résultat dépasse tout ce que vous pouviez imaginer.
Vous le rencontrez autour d'« Eliogabalo » de Cavalli à la Monnaie.
Bernard Foccroulle m'a suggéré d'auditionner. J'ai appris expressément une page de Monteverdi. Au milieu de l'audition, René Jacobs s'est mis au piano pour me faire travailler : un souvenir inoubliable. Et voilà que je me retrouve dans cette somptueuse production avec les costumes fabuleux de Christian Lacroix. Ma robe, il l'a faite de morceaux de dentelle trouvés aux puces.
Puis vient Christophe Rousset.
Il m'a appelée sans m'avoir entendue, pour remplacer Véronique Gens dans un concert à Budapest. Comme l'avion avait du retard, on a répété dans l'aéroport ! C'est avec ce programme de musique française que j'ai découvert les airs de cour, ces petites choses qui créent de vrais rôles, à l'instar de ceux des grands opéras. Et ensuite, j'ai chanté avec lui Purcell à Pleyel et Lully à Versailles. Là, j'ai vraiment commencé à exister.
Vos projets ?
Beaucoup de beaux projets : Platée de Rameau avec Rousset à l'Opéra du Rhin que nous donnerons en concert à Bruxelles. Une Messe en si en petits effectifs avec Savall, et d‘autres projets avec Jean Tubéry et Leonardo Garcia Alarcon. Et ensuite encore Rousset pour Bellérophon de Lulli.
En attendant de découvrir Céline Scheen sur scène, on pourra écouter Parodies spirituelles… Un CD évoquant la période des libertins où la Contre-Réforme plaque des textes religieux sur des chansons populaires et où l'on trousse des couplets coquins sur des airs religieux. L'éditeur a malheureusement omis de signaler la date d'enregistrement de ce CD, récemment publié. Mais, s'il ne nous donne pas un témoignage de l'état actuel de la voix de Céline Scheen, le résultat n'en reste pas moins savoureux et le répertoire est peu fréquenté !